Quelle femme sans tête êtes-vous ?

Dernière mise à jour : mai 5

Quand on habite ou travaille sur l'île Saint-Louis on apprend vite qu'il y a autant d'histoires qu'il y a de coins de rues, de quais, d'immeubles, de magasins... Les histoires sur la femme sans tête de la rue Le Regrattier sont toutes assez cocasses mais celle que je préfère est celle du père Lustucru (l'eusses-tu cru) qui coupait les têtes des femmes acariâtres, […] criardes, diablesses, enragées, fantasques, glorieuses, hargneuses, insupportables, lunatiques, méchantes, noiseuses, […] rouées, sottes, têtues, volontaires et qui ont d'autres incommodités. Le tout à prix raisonnable, aux riches pour de l'argent, et aux pauvres gratis.





Ce père Lustucru de comedia dell'arte opérait sur le tête des femmes au XVIIème pour les corriger de leur envie de devenir des femmes savantes ou d'avoir trop de caractère. Ainsi, en l'honneur de ces femmes 'reforgées' par le père Lustucru, plusieurs tavernes et marchands de vin prirent pour enseigne le nom de Femme Sans Tête, avec comme slogan publicitaire prometteur : 'Une femme sans tête : tout en est bon'. Et voilà ! Il y avait donc un débit de boisson rue de Le Regrattier/rue de la Femme Sans Tête, une taverne où il faisait déjà bon déguster une petite bière parisienne de la Femme sans tête : c'est fou non !


Les choses ont changé et, plus de 300 ans plus tard, nous les parisiennes sommes fières d'être acariâtres, criardes, diablesses, enragées, fantasques, glorieuses, hargneuses, insupportables, lunatiques, méchantes, noiseuses, rouées, sottes, têtues, volontaires... Plus questions de se faire racommoder la tête par le père Lustucru donc mais une raison de plus de continuer à raconter cette histoire de femmes sans tête et d'hommes sans coeur !





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